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Le Château de Bonrepos-Riquet, aux origines du Canal du Midi

Lettre à Colbert - 15 novembre 1662 En 1652, Pierre-Paul Riquet, grandement enrichi par sa charge de Sous-fermier Général des Gabelles du Languedoc, acquit l’ancien donjon de Bonrepos. Il dut faire preuve de tous ses talents de négociateur pour obtenir des Consuls la propriété « pleine et perpétuelle » de l’édifice alors ruiné : Riquet s’engagea à le remettre en état de défense et à accueillir la population locale en cas de menace.

Tout en honorant sa promesse, il érigea une résidence de campagne dont Riquet agrémenta les abords d’un parc et de jardins. Il constitua également un vaste domaine agricole de plusieurs centaines d’hectares d’où il pouvait retirer d’importants bénéfices. En devenant châtelain de Bonrepos, Riquet pouvait enfin faire valoir ses prétentions nobiliaires et travailler paisiblement à son projet de voie d’eau. Sa seigneurie était en effet proche des différents tracés de canal qu’il étudiait alors. Son domaine possédait aussi un potentiel hydraulique propice aux essais qu’il projetait de réaliser.

Dans le vallon de la Garenne qui jouxte sa demeure, Riquet aménagea ses bassins d’essai à partir d’un ancien vivier dès 1655. Un bassin réservoir achevé d’une large chaussée accumulait les eaux issues des vallons environnants. Il alimentait un bassin inférieur monumental de 250 mètres de long, véritable tronçon de canal. Riquet put ainsi mettre en pratique ses observations faites dans la Montagne Noire. C’est autour de l’ensemble expérimental de Bonrepos qu’il étudia, à grandeur nature et pendant une dizaine d’années, l’alimentation en eau de son futur canal. C’est ainsi que Riquet démontra dans l’été 1662 à l’Archevêque de Toulouse, Anglure de Bourlemont, et à sa suite la faisabilité de son projet.

Ce fut fort de cet appui politique, qu’il adressa à Colbert, Ministre des Finances du Roi, sa fameuse lettre du 15 novembre de cette même année, dans laquelle Riquet exposa ses premières idées pour la création de son canal. Dans son étude « Relation pour la jonction des mers Océane et Méditerranée » qui accompagnait cette première correspondance, il développa plusieurs tracés de canal. Riquet prit soin d’en privilégier un, celui qui consistait à construire un canal dans les vallées de rivières – et non pas seulement en aménager leurs lits – en empruntant la vallée du Girou et le seuil de Graissens. Il décrivit à Colbert cette voie en ces termes : « un pays plat et très uni » et « une pente douce », une géographie par conséquent propice à la navigation et limitant la construction d’ouvrages d’art. Ce parcours, qui fut finalement abandonné au profit d’un passage par Toulouse, n’avait pas été choisi par hasard puisqu’il traversait le fief du Gabelou à Bonrepos. Intéressé par les dires de Riquet, Louis XIV dépêcha alors en Languedoc des commissaires pour évaluer la vraisemblance du projet.

A l’issue d’expérimentations prometteuses, le Roi ordonna par l’Edit de Saint-Germain-en-Laye la construction du canal de jonction des mers Océanes et Méditerranée en octobre 1666. Cette proclamation érigea les terres du Canal en fief et consentit d’importants droits à son possesseur, Pierre-Paul Riquet. Les travaux du Canal débutèrent en janvier 1667. Riquet rencontra d’importantes difficultés financières et techniques tout le long de son chantier. Il mourut ruiné le 1er octobre 1680 alors que son canal demeurait inachevé entre Naurouze et l’Etang de Thau.

Bassin inférieur - Bassins d'essai de Riquet